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Sous-projet: Le fonds des autographes Bodmer

Début : Décembre 2015

statut: en cours

financé par: swissuniversities

Description du projet: Dans le cadre de la numérisation croissante de ses collections, la Fondation Martin Bodmer, en association avec e-codices, met à disposition un nouveau pan de ses fonds : les autographes modernes et contemporains (XVIe - XXe siècle). Riche de plusieurs milliers de pièces réunies au cours d'un demi-siècle, cet ensemble propose à la fois des manuscrits d'œuvres littéraires ou scientifiques complètes, des articles, des lettres émanant d'hommes de lettres, de scientifiques ou de politiques, avec de nombreuses pièces prestigieuses et/ou inédites. On y trouve également de nombreux documents réunis au début du XXe siècle par le célèbre écrivain Stefan Zweig, grand collectionneur d'autographes.

Toutes les bibliothèque et les collections

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, B-24.1
Papier · 2 pp. · 23 x 19 cm · s.d. [Paris, vers janvier 1797]
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Pour Mr La Rochelle jouant Brid’oison. En cas de bruit à la fin, autographe signé

Représentée pour la première fois le 27 avril 1784, la comédie La Folle Journée, ou Le Mariage de Figaro, vive satire de la société d’Ancien Régime et des privilèges nobiliaires, préfigurait le déclenchement de la Révolution française, dont elle participa sans doute à l’avènement. Remontée sur plusieurs scènes parisiennes après la chute de la monarchie en 1792, elle vit toutefois ses chants de conclusion modifiés par Beaumarchais. Le couplet final du juge bègue Don Gusman Brid’oison, qui s’achevait en 1784 par Tout fini-it par des chansons, s’adapta aux difficultés du temps : Pour tromper sa maladie, / Il [le peuple] chantoit tout l’opera : / Dame ! il n’sait plus qu’ce p’tit air-là : / Ca ira, ça ira... Mais après la chute de Robespierre et la réaction thermidorienne, ces paroles faisaient bondir la jeunesse muscadine, comme les précédentes avaient fait réagir les sans-culottes. Les représentations étant perturbées par ce public turbulent, Beaumarchais confia à La Rochelle, l’acteur tenant le rôle de Brid’Oison, une fin alternative, à réciter en cas de bruit. Cette variante, demeurée inédite jusqu’à sa récente publication, était un éloge à la liberté d’expression et au sang froid de la raison contre le stratagème des cabales idéologiques. (duc)

En ligne depuis: 22.06.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, B-29.8
Papier · 4 pp. · 24 x 31.1 cm · c. 1818
Ludwig van Beethoven, Missa solemnis op. 123, Gloria (esquisse). Partition autographe

Selon Beethoven, il s’agit de son « œuvre la plus accomplie ». Elle célèbre l’intronisation au siège archiépiscopal d’Olmütz, en 1818, de l’archiduc Rodolphe, son élève et son protecteur. La Messe a été commencée en 1818 et terminée trois ans après cette cérémonie et envoyée au cardinal-archiduc le 19 mars 1823. La Messe en ré veut exprimer et communiquer un état d’âme, une Stimmung religieuse, ce sont les propres mots du compositeur. Ecrite pour grand orchestre, elle comprend cinq rythmes (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei). Les divisions du Gloria, imposées par le sens du texte, forment une sonate en une partie : allegro en ré, Gratias en si bémol, et retour à l’allegro ; puis le larghetto et, comme troisième mouvement, l’allegro, Quoniam, la fugue, In gloria Dei Patris, avec retour cyclique au thème du Gloria dans le ton principal. La musique commente le texte : acclamation royale, gratitude émue, Toute-puissance divine ; puis, en contraste : prière, cri et murmure des suppliants d’ici-bas (misere nobis). Acheté à Sotheby’s, Londres, 4 février 1952. (bib)

En ligne depuis: 26.09.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, E-4.1
Papier · 12 ff. · 33 x 21 cm · 1920
Albert Einstein, Éther et théorie de la relativité, autographe

A l’occasion de son entrée en fonction comme professeur invité, pendant plusieurs semaines, auprès de la Reichs-Universität de Leyde, le 5 mai 1920, Albert Einstein a tenu une leçon intitulée « Aether und Relativitätstheorie ». Cet écrit, de sa propre main, contient de nombreuses corrections et passages supprimés. Cette leçon fut encore publiée la même année. Les concepts exposés dans cette leçon se retrouvent aussi dans les réflexions ultérieures d’Einstein. (fri)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, F-16.1
Papier · 4 pp. · 23 x 34.6 cm · 1851
Gustave Flaubert, Le Chant de la Courtisane, manuscrit autographe

Malgré les ratures apparentes, il s’agit de la version achevée de ce texte sans titre, constitué de six paragraphes sur deux feuillets, relié plein maroquin rouge. Il a été produit par Flaubert au plus tôt lors de son voyage en Orient avec son ami Maxime du Camp (1849-1851), même s’il semble plus probable de le dater de son retour en France, en 1851, moment à partir duquel il consacre sa vie à l’écriture. Désigné par la suite sous le nom Le Chant de la Courtisane, ce poème en prose à la tonalité humoristique n’a pas fait l’objet d’une publication par Flaubert. Il condense néanmoins ses enjeux d’écriture : l’œuvre témoigne de la fascination de l’auteur pour la culture et les paysages orientaux qu’il souhaite rendre avec un souci de réalisme. Un carnet de voyage qui recueille ses observations et sensations, nourrissant directement son œuvre fictionnelle. Le lexique utilisé révèle une certaine érudition et un souci d’exactitude, procédés qui annoncent Salammbô. Martin Bodmer a acheté ce manuscrit provenant de la collection Paul Voute (qui en avait publié un fac-similé en 1928), à la Libraire Blaizot. (exq)

En ligne depuis: 22.06.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, F-16.3
Papier · 46 pp. · 22.5 x 35 cm · 1858
Gustave Flaubert, chapitre explicatif de Salammbô , autographe

Enoncé par Flaubert dans sa correspondance comme un chapitre explicatif de Salammbô, ce manuscrit est constitué de 28 feuillets, tous numérotés à l’exception du dernier, qui contient des annotations sur les dieux. Il figure dans une chemise où Flaubert a inscrit le titre de l’œuvre et une date, 1857, qui correspond au début de la rédaction de Salammbô. Le chapitre, quant à lui, est postérieur à 1857 : il a en effet été conçu après une importante phase de documentation nécessaire à son projet, et un voyage à Carthage. A son retour, en 1858, l’écrivain travaille sur un chapitre qui serait « la description topographique et pittoresque de la susdite ville avec exposition du peuple qui l’habitait, y compris le costume, le gouvernement, la religion, les finances et le commerce, etc. » (lettre à J. Duplan, datant du 1er juillet 1858). Malgré un certain nombre de corrections et d’additions marginales, il s’agit de la version aboutie du texte qui sera finalement écartée du roman, même si les informations seront utilisées de façon éparse dans l’économie de l’œuvre. Ce chapitre est révélateur de la méthode de travail de l’auteur. Il se caractérise par son érudition encyclopédique et par un souci du détail, qui mettent en lumière les enjeux à l’origine de la genèse de Salammbô : celui de reconstituer la ville de Carthage, alors disparue. C’est en novembre 1949 que Martin Bodmer a fait l’acquisition de ce manuscrit chez le libraire Blaizot. (exq)

En ligne depuis: 22.06.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, G-72.1
Papier · 66 ff. · 22 x 18 cm · [1810]
Jacob et Wilhelm Grimm, manuscrit composite contentant 45 contes et une légende (autographe, sans signature)

Le 25 octobre et le 15 décembre 1810, Jacob Grimm envoya le présent manuscrit à Clemens Brentano. Il s’agit de la plus ancienne version manuscrite des Kinder- und Hausmärchen, car les frères Grimm avaient résolument détruit les écrits préparatoires de leur édition des contes, probablement pour empêcher une comparaison entre les versions manuscrites et la version imprimée considérablement retravaillée et rendue plus littéraire (première édition 1812). Selon l’analyse de Heinz Rölleke (Rölleke Heinz (Hg.), Die älteste Märchensammlung der Brüder Grimm. Synopse der handschriftlichen Urfassung von 1810 und der Erstdrucke von 1812, Cologny-Genève 1975), 25 contes furent écrits par Jacob, 14 par Wilhelm Grimm (en partie avec des ajouts de son frère) et 7 sont attribués à quatre autres auteurs. Martin Bodmer acquit ce manuscrit en 1953 auprès de Mary A. Benjamin, New York. (fri)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, H-51.4
Papier · 1 f. · 32.5 x 21 cm · 1843 / (20.01.1756)
Friedrich Hölderlin, Der Frühling, manuscrit autographe

Friedrich Hölderlin (1770-1843) apposa, au terme de ce poème autographe en deux strophes de quatre vers, intitulé Der Frühling, la signature « Mit Unterthänigkeit Scardanelli » ainsi que la date du 20 janvier 1756. Hölderlin, malade psychiquement depuis env. 1802, signait ses oeuvres avec des noms fantaisistes, parmi lesquels Scardanelli, et y ajoutait des dates inventées. Dans ce poème, la date fut corrigée par une autre main en 1843, attestant ainsi qu’il fut écrit peu avant la mort d’Hölderlin. (fri)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, H-51.5
Papier · 1 f. · 32.3 x 20.5 cm · 12.6.1842 / (15.11.1759)
Friedrich Hölderlin, Der Herbst, manuscrit autographe

Friedrich Hölderlin (1770-1843) apposa, au terme de ce poème autographe en trois strophes de quatre vers, intitulé Der Herbst, la date du 15 novembre 1759. Hölderlin, malade psychiquement depuis env. 1802, signait ses oeuvres avec des noms fantaisistes, parmi lesquels Scardanelli, et y ajoutait des dates inventées. Au début de la feuille, on peut lire, écrite par une autre main la mention, « Autographie v Hölderlin » et la correction « Tübingen d 12 Juli 1842 ». (fri)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, H-51.6
Papier · 1 f. · 32.5 x 20.5 cm · 7.11.1842 / (24.4.1849)
Friedrich Hölderlin, Der Winter, manuscrit autographe

Friedrich Hölderlin (1770-1843) apposa, au terme de ce poème autogrpahe en deux strophes de quatre vers, intitulé Der Winter, la signature « Mit Unterthänigkeit Scardanelli » et ainsi que la date du 24 avril 1849. Hölderlin, malade psychiquement depuis env. 1802, signait ses oeuvres avec des noms fantaisistes, parmi lesquels Scardanelli, et y ajoutait des dates inventées. La date de ce poème fut corrigée par une autre main et changée en 7 novembre 1842. (fri)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, H-71.2
Papier · 1 f. · 28.6 x 26.4 cm · non daté
Victor Hugo, Oh ! N'insultez jamais une femme qui tombe, autographe signé

Ce célèbre poème, vraisemblablement composé le 6 septembre 1835, est inclus dans le recueil Les chants du crépuscule paru la même année. Hugo y dénonce la condition des prostituées par le registre pathétique : il nous invite en effet à compatir, plutôt que mépriser celles tombées dans la « fange ». Ce lexique symbolique est détourné de son sens culpabilisant, désignant habituellement la souillure morale, pour exprimer le courage de celles qui ont lutté longtemps sous la fatalité du « fardeau » de misère avant d’y succomber. Loin d’un manichéisme moralisateur, Hugo partage la faute populairement attribuée à ces femmes autant « à toi, riche ! à ton or », pointant du doigt l’injustice d’un système social coupé de toute répartition des richesses, qu’« à nous », chaque citoyen, dont le regard ne se nourrit pas assez de charité. Le manuscrit présente une petite variante du texte imprimé, puisqu’on y lit : « s’y retenir longtemps de leurs mains épuisées », au lieu de « s’y cramponner longtemps ». (giv)

En ligne depuis: 26.09.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, H-71.3
Papier · 3 ff. · 21 x 30 cm · [Bruxelles ?] · 11ème octobre 1869
Victor Hugo, [Impératrice] « Si j’étais femme (Hélas ! que je vous plains, ô mères !... ) », autographe

Ce poème de Victor Hugo, sans signature, débute avec la phrase « Si j’étais femme (Hélas ! que je vous plains, ô mères ! ...) » et resta inédit jusqu’en 2009. Le titre original « Impératrice » fut peut-être biffé par Victor Hugo lui-même, en raison de son évidence. Le texte s’adresse en fait à la femme de Napoléon III, Eugénie de Montijo, à laquelle Hugo reprochait sa « bigoterie » (3r) et son « signe de croix grotesque à l’espagnole » (1r). De cette manière, il élargit à l’épouse la critique qu’il avait déjà exprimée à l’encontre de Napoléon III, dans les Châtiments. La date du 11 octobre 1869, autographe, laisse supposer que le poème a été écrit à Bruxelles, où Victor Hugo séjournait durant son exil, depuis le coup d’Etat du 2 décembre 1851. (fri)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, H-71.4
Papier · 4 pp. · 28.2 x 21.8 cm · non daté
Victor Hugo, Ô madame ! pourquoi ce chagrin qui vous suit, autographe signé

Les seize vers composant ce passage forment la sixième et dernière partie du poème « Dans l'église de *** », inclus dans le recueil Les chants du crépuscule de 1835. Riche de plusieurs thèmes s’entremêlant, le poème oppose la probité d’une femme en prière au cœur d’une église désertée aux jouisseurs de la ville, nihilistes courant « d'ivresses en ivresses ». Hugo surprend cette âme chaste en plein malheur, implorant l’aide du Seigneur pour la sauver d’une tristesse envahissante. Dans cette dernière partie (VI), l’écrivain enrichit son soutien chrétien (Votre âme qui bientôt fuira peut-être ailleurs / Vers les régions pures, / Et vous emportera plus loin que nos douleurs, Plus loin que nos murmures !) d’un dernier quatrain angélique et serein : Soyez comme l'oiseau, posé pour un instant / Sur des rameaux trop frêles, / Qui sent ployer la branche et qui chante pourtant, / Sachant qu'il a des ailes ! (giv)

En ligne depuis: 26.09.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, L-5.2
Papier · 30 pp. · 18.9 x 11.9 cm · ca. 1824-1826 et ca. 1851
Alphonse de Lamartine, Les Visions (chant II), manuscrit autographe

Dans les années 1820, Lamartine se lança dans un ambitieux projet poétique : Les Visions. Si des fragments virent le jour dans Jocely (1836) ou La Chute d’un ange (1838), le plus gros de ces vers demeura toutefois inédit pendant trente ans, repris, modifié et corrigé inlassablement par le poète jusqu’à la publication définitive en 1851. Ce manuscrit autographe du Chant II contient un passage de dix vers demeuré finalement non publié (des points de suspension en marquent l’emplacement dans l’édition originale). (duc)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, L-37.1
Papier · 4 pp. · 25 x 19.9 cm · Washington · 10 juillet 1848
Abraham Lincoln, Lettre à son associé et disciple William H. Herndon, manuscrit autographe signé

Dans cette lettre à son jeune associé William H. Herndon (1818-1891), demeuré à la tête de leur étude d’avocats de Chicago, le député whig Abraham Lincoln, sur le point de perdre son mandat au Congrès, livre une leçon de philosophie politique. Fatigué par des mois de batailles politiques contre la « guerre mexicaine », blessé par des propos « exceedingly painful » tenus par son ami (qu’il décrit comme « a labourious, studious young man »), le futur président américain délivre son enseignement « so Lincolnian » : « The way for a young man to rise is to improve himself every way he can, never supecting that every body wishes to hinder him ». (duc)

En ligne depuis: 26.09.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, M-5.1
Papier · 4 pp. · 20 x 30.5 cm · Paris · 21 janvier 1628
François de Malherbe, Lettre à son cousin François de Malherbe, manuscrit autographe signé

Alors que le cardinal de Richelieu a mis le siège autour La Rochelle, par terre et mer, depuis septembre 1627, le poète François de Malherbe, très proche du pouvoir, rapporte à son cousin normand les décisions et orientations du conseil royal afin d’apaiser ses inquiétudes. A ses yeux, nul souci à se faire : le roi d’Angleterre n’est qu’un monarque de second rang, incapable de se mesurer militairement à la France pour soutenir les Huguenots de La Rochelle. Quant au péril réformé, il vivrait ses heures dernières, Malherbe estimant « que la Huguenoterie court fortune par toute l’Europe d’estre voisine de sa fin ». (duc)

En ligne depuis: 26.09.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, M-23.3
Papier · 23 pp. · 19.6 x 29.8 cm · non daté [mai-juin 1887]
Guy de Maupassant, Le rosier de Madame Husson, manuscrit autographe

Avec ses six romans et ses célèbres recueils regroupant plus de trois cents nouvelles, Guy de Maupassant (1850-1893) s’est taillé une place parmi les principaux auteurs français de la fin du XIXe siècle. Il donna une peinture souvent sans fard de la société provinciale comme parisienne de son temps, comme dans la présente nouvelle, la seule qui ait connu une édition originale séparée, précédant sa publication dans le recueil éponyme. Ce manuscrit fut utilisé pour la première impression du texte, d’abord paru dans La Nouvelle Revue du 15 juin 1887. Il comporte plusieurs corrections et ratures (témoins du travail de genèse de la nouvelle), ainsi que de légères variantes avec la version publiée en volume le 28 mars 1888. (duc)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, M-45.1
Papier · 1 p. · 21.5 x 28.7 cm · non daté [1541]
Michel-Ange, Sonnet et lettre à la poétesse Vittoria Colonna, manuscrit autographe

Michel-Ange (1475-1564) adressa ce sonnet et son texte de dédicace à l’une de ses proches amies, la poétesse Vittoria Colonna (1492-1547), marquise de Pescara. Souvent économe dans l’usage du papier, le peintre consacra une belle et large feuille in-folio, pliée en deux et contrecollée (pour créer plus d’épaisseur), afin d’y apposer ces quelques lignes. Adoptant une écriture humanistique proche de la calligraphie, il prit également un soin tout particulier de la mise en page, avec des sauts et retraits de ligne soulignant l’architecture habituelle du sonetto. Le ton est des plus respectueux : Michel-Ange salue certes une amie, mais aussi une grande dame, qui vient de lui faire un don précieux. Ce cadeau, qui devait mener son destinataire « in paradiso », était sans aucun doute un manuscrit des Sonetti spirituali de la poétesse (qui se montrait en général très discrète et ne montrait que fort peu ses vers). (duc)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, M-48.1
Papier · 1 f. · 13.5 x 10.5 cm · non daté
John Stuart Mill, Note on Freedom of Speech, autographe signé

A la suite des philosophes des Lumières, les esprits libéraux – dont Mill fait partie – désignent la liberté d’expression comme un droit fondamental de l’Humain. Sur ce petit autographe, avec cachet à sec « JSM », composé de trois folios destinées à l’envoi, le philosophe recopie un passage de son célèbre « On Liberty » de 1869, tiré du chapitre II : « Of the Liberty of Thought and Discussion ». Mill y souligne que l’humanité n’aurait pas davantage le droit de réduire au silence une opinion isolée que celle-ci de faire taire l’humanité si elle en avait le pouvoir. Ce billet avait été acquis par l’écrivain Stefan Zweig en 1923, avant d’être la propriété de Martin Bodmer. (giv)

En ligne depuis: 22.06.2017

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, N-4.1
Papier · 3 pp. · 20.5 x 31 cm · 1818
Napoléon, César, manuscrit autographe

Dans son exil de Sainte-Hélène, Napoléon (1769-1821) bénéficiait d’une bibliothèque de 3'000 volumes, piètre recours contre l’ennui. L’empereur déchu se plaisait pourtant à lire et annoter les classiques antiques ou modernes. Grand amateur de théâtre, il lut à plusieurs reprises à ses proches La Mort de César de Voltaire. Il avoua son projet de pièce sur le même sujet et ce manuscrit autographe montre une rapide ébauche des deux premières scènes. En page 3, lassé par son sujet, le conquérant couvre la page de calculs stratégiques et militaires, croisant les frégates avec les régiments et les pièces d’artillerie. (duc)

En ligne depuis: 17.12.2015

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Cologny, Fondation Martin Bodmer, R-28.3
Papier · 2 pp. · 20 x 15 cm · non daté
Arthur Rimbaud, Jeunesse II-IV, manuscrit autographe

Ce manuscrit autographe d’Arthur Rimbaud (1854-1891) contient un fragment d’un poème. Composées sur le recto d’un feuillet, trois sections sont numérotées en chiffres romains, de II à IV et dotées d’un titre, à l’exception de la dernière (IV). Bien que l’ensemble soit rédigé en prose, l’appellation « sonnet » (II) pourrait provenir de la forme de l’extrait en question, présenté en quatorze lignes. Le premier paragraphe comprend le signe +, qu’il est difficile d’interpréter et qui laisse suggérer que Rimbaud souhaitait le retravailler. La numérotation laisse supposer que ces trois parties forment un tout homogène, avec la section Dimanche (I, manuscrit de la BNF), constituant ainsi le poème Jeunesse. Des inscriptions allographes postérieures à 1886 sont visibles : dans le coin supérieur gauche figure l’annotation Illuminations qui témoigne de la volonté de rattacher ces passages au recueil poétique éponyme, dont l’édition originale date de 1886. Le poème Jeunesse comportant les quatre sections est publié pour la première fois par Vanier en 1895, à la suite des Poésies complètes, comme complément aux Illuminations. (exq)

En ligne depuis: 26.09.2017

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